L’entreprise doctorale en droit

Dia Dabby, Bethany Hastie et Jocelyn Stacey peignent un intéressant portrait des défis auxquelles font face les doctorants en droit à l’échelle du Canada. Sans surprise, nombre des tensions illustrées sont le contre-coup des mouvements tectoniques à l’œuvre au niveau du LLB/JD. Les questions sont familières et à juste titre: elles reflètent bon nombre des préoccupations qui occupent actuellement le devant de la scène dans le cadre de la revue de curriculum de ma propre institution. Un extrait en particulier frappe une corde sensible:

Thus, while transitioning from ‘consumer to producer of knowledge’, we must also undertake a transition from ‘employee to entrepreneur,’ in a way.

L’emphase des programmes doctoraux est bien souvent mise sur la complétion de la thèse, sans grand intérêt pour le développement des compétences nécessaires à une bonne pratique académique. La préparation d’une demande de subvention réussie est un très clair exemple: alors que le besoin de qualité scientifique du projet est évident pour eux, de nombreux doctorants (et docteurs!) se retrouvent désarmés face aux arcanes de la planification financière en milieu universitaire.

Dans une veine similaire, si l’on considère les candidats au doctorat comme des entrepreneurs, la question de l’auto-promotion devient vitale. Par chance, des projets tels que la plateforme OpenUM fournissent des outils puissants – et combien nécessaires! – à cette fin. Cependant, la question est souvent laissée à l’initiative du doctorant qui, le nez dans sa thèse, ne réalisera que trop tard le besoin de se faire un nom dans l’écosystème universitaire.

La nature entrepreneuriale de l’entreprise doctorale devrait-elle être rendue plus explicite dans le cadre des programmes de formation? La question est brûlante dans un contexte où le ratio de candidats par poste disponible devient de moins en moins favorable.

Ce contenu a été mis à jour le 10 juin 2016 à 0 h 35 min.

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